Stress: maudit sur trois générations!

Serait-ce une démonstration, chez la souris, de cette observation récurrente effectuée chez l’homme par les psychiatres et psychologues : un stress subi par un individu jeune, même sans conséquences visibles, peut se répercuter sur la santé psychique de ses petits-enfants, voire de ses arrière-petits-enfants?
Des chercheurs de l’université de médecine Tufts à Boston (Etats-Unis) ont soumis des souris jeunes à un stress chronique. Douze jeunes rongeurs mâles et onze femelles ont été exposés à une « instabilité sociale chronique » : la composition des animaux dans les cages était modifiée fréquemment, de sorte que les souris ne parvenaient pas à établir avec leurs congénères de relations normales, fondées sur une hiérarchie sociale.
Deux mois plus tard, les chercheurs ont évalué par différents tests l’anxiété et les comportements sociaux des souris stressées, qu’ils ont comparés à ceux de leurs congénères non stressées. Leurs résultats sont publiés dans Biological Psychiatry du 18 août 2012. Ils montrent d’abord que les effets de cette instabilité sociale subie dans la jeunesse sont persistants.
Les femelles stressées présentent une anxiété accrue et une sociabilité altérée : une forme de « timidité sociale », qui se traduit par une réticence à interagir avec des souris inconnues. Leur niveau de corticostérone, l’hormone du stress, est augmenté. Les mâles aussi sont affectés, avec une moindre anxiété.
L’équipe bostonienne a croisé mâles et femelles stressés (génération F0) entre eux. Puis elle a testé leurs descendants (génération F1), âgés de 2 mois, qui n’avaient pas subi de stress social. Résultats : les mâles F1 ne présentent aucun comportement altéré « visible », mais les femelles F1 manifestent une anxiété accrue et des interactions sociales défectueuses – même lorsqu’elles ne sont pas élevées par leurs parents stressés.
« Cela peut s’expliquer parce que la femelle stressée transmet quelque chose à sa fille durant la gestation, par exemple via un niveau de corticostérone accru », observe Deborah Bourc’his (Inserm/CNRS), spécialiste des « effets parentaux » à l’Institut Curie.
Et ben pétard…. je plains mes futurs petits-enfants!!!!!
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